Apprendre les procédés photographiques alternatifs : où, dans le monde, en 2026 ?
2026-09-01 · 8 min · Tristan Sidem & Raphaël Lebas de Lacour
Il n'existe, à ce jour, aucun diplôme national ni certification internationale dédié aux procédés photographiques alternatifs, nulle part dans le monde. Cette absence n'est pas un manque, c'est un fait structurant, qui façonne la manière dont on apprend réellement le cyanotype, le platine ou la gomme bichromatée aujourd'hui.
L'essentiel à retenir
- Aucun diplôme national ou certification internationale « procédés alternatifs » n'existe dans le monde, seule exception, un certificat de compétences au Sierra College, en Californie.
- En France, l'ENS Louis-Lumière est la seule école supérieure publique proposant un vrai module dédié, porté par Anne-Lou Buzot depuis septembre 2021.
- Aux États-Unis, la Penumbra Foundation de New York propose plus de 100 ateliers par an dans un lieu de 11 000 pieds carrés.
- Le George Eastman Museum organise toute l'année des ateliers sur l'ambrotype, le papier salé, l'albumine ou le daguerréotype.
- Partout, l'apprentissage passe par des ateliers courts de deux à cinq jours, pas par une filière académique longue.
Peut-on obtenir un diplôme de procédés photographiques alternatifs ?
Non, aucun diplôme national ni certification internationale dédiée n'existe nulle part dans le monde pour les procédés alternatifs, seule une exception notable se distingue, un certificat de compétences délivré par un collège californien. C'est le fait le plus structurant de ce paysage.
Le Sierra College, en Californie, propose un « Alternative Processes in Photography, Skills Certificate » dans son catalogue 2025-26, un certificat de compétences, pas un diplôme au sens universitaire du terme. Partout ailleurs, l'apprentissage passe par un module intégré à un cursus généraliste de photographie, ou par des ateliers courts organisés en dehors du système académique. Ce vide institutionnel n'a rien d'un accident, il reflète un métier qui s'est toujours transmis par la pratique et le compagnonnage, jamais par la théorie seule.
Quelle est la seule offre publique en France ?
L'ENS Louis-Lumière est la seule école supérieure publique française à proposer un module structuré de procédés alternatifs, porté par Anne-Lou Buzot depuis septembre 2021, avec une progression du sténopé en licence jusqu'au cyanotype en master. Le programme couvre aussi, en option, le papier salé, le kallitype, le palladiotype et l'ambrotype, avec un volet de formation continue.
D'autres écoles françaises, comme les Gobelins, ont formé des praticiens reconnus des procédés anciens, sans pour autant afficher de programme nommé dédié à cette discipline. Plusieurs ateliers privés complètent ce paysage, Studio Ambrotype & Co, Itinérances Photo, l'atelier de Sabrina Biancuzzi, ou Empreinte Formation à Perpignan, éligible au financement AFDAS. Nous recevons régulièrement des questions de photographes cherchant une filière longue pour ces procédés, la réponse honnête reste la même, ce type de cursus n'existe simplement pas encore en France.
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Où se former aux États-Unis et au Royaume-Uni ?
Aux États-Unis, la Penumbra Foundation de New York, née en 2001, propose plus de 100 ateliers par an dans un espace de 11 000 pieds carrés, avec résidences d'artistes et laboratoire commercial ouvert au public. Le George Eastman Museum organise toute l'année des Process Workshops consacrés à l'ambrotype, au papier salé, à l'albumine ou au daguerréotype, complétés par des webinaires et des sessions en ligne à places limitées.
Plusieurs figures individuelles structurent aussi cette offre. Christina Z. Anderson, professeure à Montana State University et éditrice de la collection Routledge sur les procédés alternatifs, a reçu le Honored Educator Award de la Society for Photographic Education en décembre 2025. France Scully et Mark Osterman enseignent le collodion au George Eastman Museum depuis mars 1995, l'une des offres les plus anciennes et les plus continues du secteur.
Au Royaume-Uni, aucun cursus universitaire dédié n'existe non plus, l'apprentissage passe par des ateliers privés comme celui de Silverwood, facturé autour de 360 livres pour trois jours. Cette situation confirme, à l'échelle internationale, que le format court domine partout la transmission de ces procédés.
Existe-t-il des rendez-vous annuels pour progresser ?

Oui : plusieurs rendez-vous internationaux réguliers structurent la pratique amateur et professionnelle, sans remplacer une formation, le plus connu restant le World Cyanotype Day, fixé chaque dernier samedi de septembre, soit le 26 septembre en 2026. L'événement a été lancé en 2015 par un collectif de praticiens, pas par une seule personne, contrairement à une idée reçue.
Malin Fabbri, fondatrice du site alternativephotography.com en 2000, qui recense aujourd'hui environ 400 artistes, héberge les soumissions de cette journée sans en être l'unique créatrice. Son ouvrage « Anthotypes, The Complete Guide » a été salué par Lenscratch en juin 2026. Ces rendez-vous jouent surtout un rôle de communauté, ils rassemblent une pratique dispersée, ils ne la certifient pas.
FAQ — Apprendre les procédés alternatifs
Existe-t-il un diplôme reconnu de procédés photographiques anciens ?
Non, aucun diplôme national ni certification internationale n'existe dans le monde. Seule exception connue, un certificat de compétences au Sierra College, en Californie, dans son catalogue 2025-26.
Quelle école française propose un vrai module de procédés alternatifs ?
L'ENS Louis-Lumière, seule école supérieure publique en France avec un programme structuré, porté par Anne-Lou Buzot depuis septembre 2021, du sténopé en licence au cyanotype en master.
Où se former au cyanotype aux États-Unis ?
La Penumbra Foundation de New York propose plus de 100 ateliers par an, et le George Eastman Museum organise des Process Workshops toute l'année sur plusieurs procédés anciens.
Le World Cyanotype Day est-il une formation ?
Non, c'est un événement communautaire annuel, fixé au dernier samedi de septembre, le 26 septembre en 2026, qui rassemble des praticiens du monde entier autour d'une pratique partagée, sans délivrer de certification.
Maison Picturale propose-t-elle une formation aux procédés anciens ?
Oui, notre atelier parisien propose un centre de formation aux procédés pigmentaires en chimie non-toxique, dans la même logique d'atelier court que la plupart des offres recensées ici.
Conclusion

Le paysage mondial de l'apprentissage des procédés alternatifs tient en une phrase, pas de diplôme, mais un réseau dense d'ateliers courts, de Meudon à New York en passant par la Californie. C'est dans cet esprit de transmission directe, de main à main, que nous tirons à Paris le charbon et la gomme bichromatée en chimie non-toxique. La bibliothèque de Maison Picturale retrace l'histoire de ces procédés pour qui veut aller plus loin.