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Passer au grand format : ce que ça change techniquement

2024-02-08 · 3 min · Tristan Sidem

Passer du petit format — mes premiers tirages tenaient dans une feuille A4 — au grand format d'exposition n'est pas qu'une question d'échelle. Chaque paramètre qui fonctionne à petite taille se comporte différemment sur une grande surface, et il a fallu tout revalider.

L'exposition d'abord : une source UV homogène sur 20 cm de large ne l'est pas nécessairement sur 80 cm ; un temps d'exposition calibré en petit format donne des irrégularités visibles en grand, notamment sur les bords. La manipulation ensuite : une feuille de papier gomme humide de grand format se déforme, se plisse, se déchire beaucoup plus facilement qu'un petit tirage — chaque étape du développement à l'eau demande une gestuelle différente, souvent à deux mains ou à deux personnes.

La calibration colorimétrique s'est révélée le point le plus exigeant. En petit format, un écart de teinte se voit à peine ; en grand format d'exposition, accroché à hauteur d'œil, le moindre défaut de superposition entre couches ou de dérive de teinte devient immédiatement visible pour un visiteur de galerie. Cela m'a poussé à formaliser une vraie méthode de calibration — mires de contrôle, courbes de correction par procédé — plutôt que le réglage empirique qui suffisait en petit format.

C'est cette exigence de régularité à grande échelle qui a nourri, quelques années plus tard, le développement d'outils de calibration plus poussés, jusqu'aux logiciels assistés par IA que j'utilise aujourd'hui.