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Aquaprint : mettre au point une chimie de substitution

2023-07-27 · 4 min · Tristan Sidem

Une fois la décision prise d'abandonner le bichromate de potassium, restait le plus difficile : trouver un composant photosensible qui joue le même rôle dans la gomme arabique, sans les mêmes dangers. C'est ce travail, mené en parallèle de mes recherches personnelles avec Vision Picturale, qui a donné naissance au procédé que nous appelons Aquaprint.

Le principe reste celui de la gomme bichromatée : une émulsion pigmentaire sensibilisée, exposée aux UV à travers un négatif, puis développée à l'eau, couche après couche. Ce qui change, c'est l'agent sensibilisant — remplacé par une chimie non toxique, sans classification CMR, qui permet d'obtenir un durcissement sélectif comparable sans les risques du chrome hexavalent.

Le résultat s'est décliné en trois variantes, chacune correspondant à une intention différente : l'Aquaprint Quadri CMJN pour la couleur en quadrichromie, l'Aquaprint Sanguine pour une teinte monochrome chaude proche des procédés anciens, et l'Aquaprint Mono pour le noir et blanc pigmentaire. Trois variantes d'un même principe, pensées pour couvrir l'essentiel des usages qu'on demandait auparavant au bichromate.

Mettre au point cette chimie n'a pas été instantané — il a fallu de nombreux essais pour retrouver une plage tonale et un grain comparables à ceux obtenus avec le bichromate, sans transiger sur la sécurité. Mais c'est ce travail qui a rendu possible tout ce qui a suivi : un atelier professionnel, ouvert, capable d'accueillir du public et des stagiaires, sans le compromis que représentait la chimie CMR de mes débuts.