Explorer les procédés historiques : cyanotype, charbon, Fresson
2022-07-22 · 3 min · Tristan Sidem
Après mes premiers essais en gomme bichromatée, j'ai passé une bonne année à tester à peu près tout ce que l'histoire de la photographie pigmentaire proposait. Le cyanotype d'abord — le plus simple, le plus indulgent, celui par lequel presque tout le monde commence, avec son bleu de Prusse caractéristique et une chimie relativement peu dangereuse. Puis le procédé au charbon, plus exigeant, qui donne une matière et une gamme de gris qu'aucun autre procédé n'égale vraiment. Et le Fresson, inventé en 1899 par Théodore-Henri Fresson, un procédé encore pratiqué aujourd'hui par sa famille à Savigny-sur-Orge — que j'ai étudié sans jamais avoir eu accès à leur atelier, faute de formation ouverte à l'époque.
Ce que cette phase m'a appris n'est pas tant technique que méthodologique : chaque procédé pigmentaire a un profil de risque différent. Le cyanotype se manipule sans grand danger. Le charbon implique de la gélatine bichromatée — donc le même problème que la gomme. Le Fresson, en tant que procédé fermé transmis en famille, échappe largement à cette question puisqu'on ne le pratique pas soi-même.
J'ai commencé à comparer ces procédés non seulement sur le rendu — grain, gamme tonale, permanence du tirage — mais sur ce qu'ils demandaient en termes de sécurité et de reproductibilité pour un praticien qui voulait en vivre, pas seulement expérimenter le week-end. C'est cette grille de lecture, plus que n'importe quel résultat esthétique isolé, qui a orienté la suite : la question n'était plus « quel procédé est le plus beau » mais « quel procédé je peux pratiquer et transmettre sereinement, sur la durée ».