Dix ans de pratique, une pédagogie qui se réécrit
2026-07-08 · 4 min · Tristan Sidem
Dix ans séparent mes premiers tirages en gomme bichromatée, au bichromate de potassium, en petit format et en solitaire, de l'atelier-galerie d'aujourd'hui — grand format, chimie entièrement non toxique, matériel conçu sur mesure, logiciels de calibration assistés par IA, et une activité de formation qui s'apprête à être certifiée Qualiopi. Écrire cette série d'articles m'a obligé à relire ce trajet dans l'ordre, plutôt que par fragments, et ça change ce que j'en retiens.
Ce qui frappe le plus, avec le recul, n'est pas la succession des étapes techniques — chacune a sa logique propre, documentée dans les articles précédents — mais le fait qu'aucune n'aurait été possible sans la précédente. Sans le déclic non toxique, pas d'Aquaprint. Sans l'Aquaprint, pas de grand format professionnel viable. Sans le grand format, pas de vraie exigence de calibration, donc pas de Luminograph ni d'outils assistés par IA. Sans l'atelier-galerie, pas de premiers stagiaires. Et sans ces premiers stagiaires, pas la pédagogie que je transmets aujourd'hui.
Ce que ça change concrètement dans ma façon de former : je ne présente plus la chimie non toxique comme une option parmi d'autres, mais comme un point de départ non négociable — parce que je sais, pour l'avoir vécu, ce que coûte l'alternative. Je nomme le risque explicitement là où mes propres formateurs, faute d'en parler eux-mêmes, ne le faisaient pas. Et j'assume mieux la question du matériel et des outils : un atelier qui ne questionne jamais ses propres outils reste, techniquement, au niveau où il a commencé.
Dix ans plus tard, la question qui a lancé cette trajectoire — comment obtenir la même matière pigmentaire sans le même risque — reste, d'une certaine manière, toujours ouverte. C'est probablement pour ça qu'elle continue d'alimenter une veille active, plutôt qu'un dossier clos.