Premiers stagiaires en atelier : ce que le présentiel a changé
2024-11-14 · 3 min · Tristan Sidem
Les premières sessions de formation ouvertes à l'atelier Paris m'ont appris davantage sur la pédagogie que dix ans de pratique solitaire. Ce n'est pas la même chose de savoir faire un geste et de savoir le rendre transmissible à quelqu'un qui le découvre en direct, sous les yeux d'un groupe.
Le premier constat a été le décalage entre ce que je pensais évident et ce qui ne l'était pas du tout pour un stagiaire. Des gestes que je fais sans y penser — la façon de tenir un pinceau d'enduction, l'angle d'observation pour juger un temps d'exposition — demandent à être décomposés explicitement, sinon ils passent inaperçus et le stagiaire les rate en silence.
Le deuxième constat a porté sur le rythme du groupe : en présentiel, on ne peut pas avancer au rythme du plus rapide sans perdre les autres, ni au rythme du plus lent sans lasser le reste du groupe. Il a fallu construire des temps de pratique individuelle intercalés avec les démonstrations collectives, plutôt qu'une seule progression linéaire pour tout le monde.
Le troisième, plus inattendu, a été la valeur du raté en direct. Quand un tirage échoue devant le groupe pendant une démonstration, c'est souvent la séquence la plus utile de la session : elle montre concrètement ce qui distingue un bon tirage d'un mauvais, mieux qu'aucune explication théorique. Une leçon que j'avais déjà identifiée, sans la nommer, en repensant à mes propres manques d'autoformation des débuts.